Marlène Vissac

RECHERCHE & DÉVELOPPEMENT – Études des aménagements d’hydraulique douce du programme Hydronomie® par la ferme Phacelia & cie – Mesures de l’augmentation de la résilience hydrique

Hydronomie® accompagne depuis presque 10 ans des outils de production agricole à l’augmentation de la résilience hydrique.  Que se soit par la formation-action ou l’accompagnement technique, l’objectif est le même : cultiver l’eau verte pour restaurer l’eau bleue afin que les outils de production agricole puisse augmenter leur résilience hydrique   Il n’existe aujourd’hui aucune étude qui présente les effets des aménagements d’hydraulique douce développés par Hydronomie®. La ferme Phacelia & cie s’engage dans la recherche et le développement et investit dans les analyses de sol et archive les données afin de constituer une étude complète. La publication est prévue pour 2030, dans 6 campagnes agricoles.   Je déplore que malgré les projecteurs tournés sur les enjeux de l’eau (dont les tensions augmentent), que les réseaux sociaux soient inondés de speudo bureau d’études de soit disants experts, que les agences de l’eau, les éditeurs agricoles, les agences INRAE répondent absents, il en revient aux agriculteurs, soutenus par Hydronomie. Ces mêmes agriculteurs qui sont accusés d’épuiser la ressource ! La recherche et développement constitue l’ensemble des activités, des stratégies mises en place, de façon systématique, en vue d’accroître la somme des connaissances, y compris la connaissance de l’humain, de la culture et de la société. Ici, les applications concernent le contexte agricole français.   J’élève des brebis allaitantes en 100% herbe. Une agriculture vertueuse, qui séquestre du carbone dans les sols et les régénère, préserve les prairies et les haies, conserve une race en voie de disparition, utilise très peu de plastique, travaille sur toute la chaîne dans un rayon de 150 km. Lorsque l’on tend à une agriculture productrice et vertueuse, les ressources sont précieuses. Il est donc difficile de voir les prairies se modifier sous l’action du changement climatique, mettant en péril la souveraineté alimentaire du territoire, des animaux domestiques et sauvages, le cycle de l’eau. C’est pourquoi ce programme de recherche et développement a vu le jour.   Contexte   PRÉSENTATION DE LA FERME   LES ATELIERS DE LA FERME   ÉLEVAGE DE BREBIS RAÏOLE   Conservation de la race   100% herbe – Conduit en pâturage tournant dynamique   Reproducteurs – Haute sociabilité, génétique rustique Viande agneau AB   PPAM & MINI PÉPINIÈRE   Production de plants PPAM   Label végétal en cours de candidature   Hydrolats, huiles essentielles & Teintures mères   JURIDIQUE Entreprise agricole – 1 UTH SAU  : 9 ha  Aveyron Nord Ouest   FONCIER & ASSOLEMENT FERMAGE : – 6,19 ha terres labourables en reprise > implantation prairie permanente automne 2024 – 2,63 ha de prairie naturelle à fort dénivelé – Exposée Est PROPRIÉTÉ : – 1,49 ha de prairie naturelle de fond – Exposée Sud   Besoins MS :    22 T MS pour 60 EMP en 100% fourrage >>> 11 T MS pour 60 EMP pour couvrir 50% des besoins   + 5 T MS / ha restant en parcelles pour la vie du sol     ACCOMPAGNEMENT HYDRONOMIE®   HISTORIQUE Le programme d’Hydronomie® s’emploie à l’amélioration de la circulation de l’eau bleue & verte, sur l’ensemble de l’outil de production et ce en profondeur. L’objectif est d’augmenter la résilience hydrique et la fertilité tout en limitant l’érosion (hydrique et éolienne) et l’évaporation massive du sol. L’accompagnement Hydronomie réalisé en 2023 s’est concentré sur la parcelle en propriété de 1,40 ha, à savoir les terres profondes en fond de vallée. Plan implantation agroforestière en motif Keyline – Parcelle 1,40ha – Phacelia & cie En 2024, s’est au tour de l’îlot de 6ha d’être accompagné. Rapport Technique Plan d’implantation agroforestière en motif Keyline sur ilot 6 ha – Phacelia & cie Les contraintes de la ferme sont :   le manque d’ombre pour le troupeau le manque de fourrage estival l’assèchement des prairies durant les longues périodes de sécheresse estivale l’érosion hydrique et éolienne des prairies à agrostide très fragilisées par les évolutions climatiques la baisse de nutritivité des prairies   LES OBJECTIFS   Ces enjeux sont abordés par une approche holistique et globale dont les objectifs généraux & opérationnels développés par l’accompagnement et qui constituent l’étude sont :    Développer des trames d’hyperfluidité par la mise en place de système agroforestier, véritables trames vertes, bleues et brunes ; Créer un système multi étagé, mycorhizé, connecté permettant de favoriser une hyper-fluidité des minéraux, des oligo-éléments, du carbone liquide et de l’eau de ruissellement et de condensation ; Régénérer les zones humides ; Créer des ouvrages d’hydraulique douce qui permettront de faire circuler l’eau de façon à hydrater homogénéiquement l’ensemble du système ; Améliorer le taux de matière organique et la CEC, débloquer les minéraux & oligo-éléments par les pratiques de pâturage et la rotation des prairies. Rapport Humique Parcellaire Phacelia & cie RENDEMENT 2023   Les crozes 5,1 T MS   Camalet 4,8 T MS   RENDEMENT 2024   Les crozes 5,7 T MS    Recherche    ÉTUDES   Les études menées dans le cadre de la recherche et développement Hydronomie®, au sein de la ferme Phacelia & cie, se concentrent sur les données suivantes :   AGRONOMIE Suivre l’évolution du sol et tout particulièrement au fur et à mesure de l’amplitude des aménagements (croissance des arbres, impact du pâturage tournant dynamique avec des ovins, diminution des exportations de matière) et de l’impact climatique.   Taux de matière organique – Carbone et azote organique – Acides humiques Structure de sol Activité biologique – Dénombrement microbien Minéralisation – Équilibre du sol Capacité Échange Cationique Disponibilité du phosphore    VÉGÉTAUX Suivre l’évolutions des prairies (herbacées pérennes et annuelles) face aux effets du changement climatique, au fur et à mesure de l’amplitude des aménagements. Afin de comprendre les dynamiques sol – végétal – animal et présenter les avantages de l’élevage.   Rendement matière sèche / ha Taux de sucre et digestibilité Profondeur d’enracinement Comportement de l’assèchement prairial Reprise des arbres & effet de l’ombre Bio-indication des zones spécifiques   HYDROLOGIE Combiner les données climatiques, les taux d’évapotranspiration, les précipitations avec les données liées aux ouvrages d’hydraulique douce, aux itinéraires techniques et les aménagements en motif

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Les mycorhizes en agriculture ont leur avenir et sont porteuses de la résilience hydrique des agroécosystèmes

Il y a tant de choses qui ont évolué depuis la sédentarisation des premières civilisations humaines, que nous avons parfois oublié l’essentiel, le naturel. Au profit de plus de confort et de rendements, au détriment de la santé des sols qui constituent les bases de la santé humaine.   En effet, au fur et à mesure que les populations humaines sont passées de chasseurs-cueilleurs à celui d’agriculteurs, la plupart des cultures qu’ils ont domestiqué ont dépendu des mycorhizes. Or, les pratiques agricoles modernes, qui ont été développées à l’avantage factice du progrès (engins, phytosanitaires, arrachage des zones arborées, etc…), perturbent et détruisent l’établissement des mycorhizes dans les sols cultivés. Les conséquences sont graves et sérieuses : perte de la fertilité, affaiblissement de la santé des végétaux, inondations et pollution.   Pourtant, le progrès a permis la vente des champignons qui sont disponibles pour l’agriculture depuis les années 1990 et pour le jardinier, depuis environ aussi longtemps. Le recours aux champignons mycorhiziens (en particulier les champignons mycorhiziens arbusculaires, partenaires des plus fréquents des racines des plantes agricoles) est plus efficace et rentable que l’utilisation de produits chimiques. Les 3 formes principales de mycorhizes Les avantages de l’association des champignons mycorhiziens aux plantes cultivées sont nombreux et primordiaux, que bons nombres de produits chimiques ne seraient remplacer. Les preuves de cela sont tout aussi nombreuses, rien qu’à observer les intoxications à la Datura dans les monocultures céréalières (imposant le rappel des produits même estampillés issus de l’Agriculture Biologique), les inondations de plus en plus dévastatrices, les rendements qui chutent, la condition paysanne en puissant déclin…. Puisque les directives nationales et européennes invitent à changer de paradigme et invitent les professionnels à reprendre les bases agronomiques et écosystèmiques dans le but de retrouver résilience, productivité et santé, voyons les intérêts d’une agriculture sur sols vivants et prolifiques.     AMÉLIORATION DE L’ABSOPRTION DES NUTRIMENTS   Les champignons mycorhiziens arbusculaires se développent au delà de la zone de déplétion, lieu où les racines ont déjà capté les nutriments et l’eau disponible.   Les hyphes fongiques peuvent croître sur de longues distance et se doter de rhizomorphes qui vont encore bien plus loin que la racine elle-même et permettent ainsi de ramener l’eau à la plante.     PHOSPHORE   Le phosphore est une ressource non renouvelable, et l’on sait que les réserves connues seront épuisées dans les 50 à 100 ans à venir. L’application à grande échelle de phosphore dans les sols agricoles a entraîné des conséquences environnementales globales, lorsque notamment les quantités significatives de phosphore subissent le lavage ou l’érosion et sont dispersées dans les fleuves où elles tuent la vie aquatique et détruisent l’écosystème. C’est pour ces raisons qu’il devient plus qu’important de trouver un élément de substitution ou un moyen naturel de faire circuler cet élément. Les champignons mycorhiziens pourraient répondre favorablement à cette problématique en reprenant leur rôle et place naturellement fertilisante.   Les micro-organismes présents dans le réseau trophique du sol immobilisent le phosphore inorganique en le transformant en molécules organiques, que les plantes n’absorbent pas. Au cours de la digestion fongique, la libération d’acides et d’enzymes décompose la matière organique et la matière inorganique. Les racines à elles seules ne peuvent produire ces enzymes et ces nutriments ne pourraient pas être à leur disposition.     Les réserves de nutriments sont constamment recyclées dans le cytoplasme fongique et sont donc mises à la disposition aussi bien des champignons que de la plante hôte en fonction de leur besoins. Ces nutriments sont également stockés dans les vésicules et dans les vacuoles des cellules fongiques. L’activité cellulaire produit suffisamment de dilution à la fois dans la plante et dans les champignons pour que la circulation des nutriments pas les hyphes fongiques ne soit interrompue. Le réseau mycélien créé par les champignons mycorhiziens arbusculaires représente une structure de stockage idéale là où les zones de concentration plus faible de nutriments peuvent servir de fosse vers laquelle les nutriments présents dans le sol peuvent s’écouler.     Un atout majeur de l’association entre une plante hôte et des champignons mycorhiziens consiste dans la capacité de la plante à pouvoir absorber du phosphore, un élément nutritif important à cause de sa présence dans l’adénosine triphosphate (ATP), la molécule principale qui sert à stocker et à transporter de l’énergie dans les cellules vivantes.     Les molécules de phosphore sont chimiquement liées au sol, car les anions chargés négativement de phosphate sont attirés et tenus par les cations chargés positivement dans le sol, en l’occurence les cations de fer, d’aluminium et de calcium. Les ions phosphate sont donc rapidement absorbés par le sol et / ou retenus dans les sols argileux.   Les champignons mycorhiziens arbusculaires permettent de fournir à leur plante hôte jusqu’à 4 fois plus de phosphore que la plante n’est capable d’en obtenir lorsque l’association mycorhizienne n’est pas formée.   Attention toutefois, une trop grande quantité de phosphore a des effets nuisibles sur la formation des mycorhizes.     À noter que si les champignons produisent des enzymes nécessaires pour libérer le phosphore des composés chimiques qui se trouvent dans le sol, toutes sortes d’auxiliaires biologiques s’associent avec les champignons mycorhiziens dans la micorhisphère. Des organismes du sol, attirés par les exsudats des champignons ou les restes de leur repas, comprenant des bactéries capables de solubiliser le phosphate et permettent ainsi à dissocier certains de ces composés chimiques, soutenant ainsi les champignons dans le prélèvement du phosphore, rendu plus facile. Le même processus, avec des organismes différents, peut avoir un impact sur l’absorption d’autres nutriments.     Les mycorhizes arbusculaires peuvent également augmenter la consommation de phosphore, d’azote, de soufre, de zinc, de cuivre, de brome, de fer, de magnésium et de manganèse au profit de leurs hôtes. Ces métaux nutriments sont relativement immobiles dans le sol et doivent se fixer sur des anions, dans l’argile ou la matière organique, avant de pouvoir être absorbés par les racines seules. Les champignons mycorhiziens s’aventurent jusqu’à aller les chercher et parfois les libérer de leurs substrats, tout en augmentant

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L’aménagement des paysages doit s’établir en fonction des ressources locales, adapté aux caractéristiques des têtes et fonds de bassin versant

Depuis quelques années, Hydronomie® se déploie sous la forme de tables rondes et de conférences. En fin d’année 2023, une intervention pour le salon du vin bio du Tarn a missioné Marlène Vissac, fondatrice et technicienne Hydronomie®, pour aborder le sujet de l’eau. Cette discussion a suivi un documentaire (DE L’EAU JAILLIT LE FEU de Fabien Mazzocco) traitant de l’état du marais Poitevin et des tensions autour des multiples méga bassines en projet. Traité du sujet des méga bassines est certes intéressant et politique, néanmoins assez éloigné des territoires Tarnais et Aveyronnais. La discussion a amené le public vers un aspect souvent oublié lorsque le sujet des méga bassines est abordé.     En effet, la construction de méga bassines en Charente maritime est interpellant : ce département est situé au fond du bassin versant Loire-Bretagne, il bénéficie d’un grand volume d’eau dû à sa localisation dans le bassin versant. Alors pourquoi construire des méga bassines en fond de bassin versant ? Ce fut la question qui a suscité un grand nombre de réflexions, notamment de la part d’anciens agronomes (d’environ 40 ans) autrefois chargés de déployer les choix culturaux et les itinéraires techniques en fonction des potentiels agronomiques et hydriques des territoires. Comptant sur les ruissellements provenant des têtes de bassin versant. Seulement voilà, cette stratégie n’est plus soutenable puisque les volumes d’eau captables ne sont plus suffisants pour soutenir les choix culturaux et les itinéraires techniques.     Que c’est il passé ?   Une baisse des précipitations sur l’ensemble du territoire depuis 30 ans. Une augmentation des températures entraînant un fort taux d’évapotranspiration entraînant un besoin hydrique plus important. Des sols en grande incapacité de stocker l’eau capillaire et d’infiltrer l’eau gravitaire jusqu’aux nappes, affaiblissement les débits des cours d’eau. L’ablation des haies, bosquets et corridors entraînant érosion hydrique et éolienne, fort impact solaire, perte des humus stables. Pluie captée par la végétation ÉVAPOTRANSPIRATION VS PRÉCIPITATIONS   L’évapotranspiration est une composante essentielle du cycle de l’eau et du bilan hydrologique.    On estime ainsi que 70% de l’eau totale reçue sur une zone (précipitation) est renvoyée dans l’atmosphère à travers le processus d’évapotranspiration, tandis que les 30% restants constituent un écoulement de surface et souterrain : les dites précipitations efficaces.    Il existe deux types d’évapotranspiration pris en compte dans les études hydrologiques :   l’évapotranspiration potentielle (ETP ou ET0) l’évapotranspiration réelle (ETR).      L’évapotranspiration potentielle ETP peut se définir comme la somme de la transpiration du couvert végétal, à travers les stomates des plantes, et de l’évaporation du sol qui pourrait se produire en cas d’approvisionnement en eau suffisant (disponibilité en eau non limitative) pour un couvert végétal bas, continu et homogène sans aucune limitation (nutritionnel, physiologique ou pathologique).    L’ETP est une valeur calculée par des formules mathématiques qui a été introduite par Thornthwaite en 1948, puis reprise par Howard Penman dans sa formule de calcul (1948). L’évapotranspiration réelle ETR est la quantité totale d’eau qui s’évapore du sol/substrat et des plantes présentes dans une zone lorsque le sol est à son taux d’humidité naturel. Elle peut être estimée par type de culture à partir d’un bilan de l’eau du sol ou issue de modélisation (modèle SIM2).    Contrairement à la pluviométrie, les valeurs mensuelles d’ETP ne varient pratiquement pas d’une année sur l’autre. Par contre, il y des variations qui peuvent être importantes d’un jour à l’autre, en fonction de la climatologie. Les facteurs qui jouent le plus sur ces variations sont les températures et le vent.      L’ÉVAPOTRANSPIRATION =    évaporation de l’eau contenue dans le sol + eau transpirée par les plantes    UNITÉ   Elle est exprimée en mm.    Pour rappel : 1 mm = 1 l/m2 ou 10 m3/ha.      Prenons l’exemple de Toulouse, une mégalopole du bassin versant Adour & Garonne, où sont produits l’ensemble des productions agricoles : céréales, protéagineuses, oléagineuses, légumes, viandes, lait, oeufs, vin, fruit. Et où l’évapotranspiration est plus importante (près du double) des précipitations. Précipitations et évapotranspiration de Toulouse – Image Hydronomie® Ce territoire cultive avec force et consommation d’énergie fossile, des productions de toutes variétés, très gourmandes en matières organiques et en eau. Les cultures produites par ce territoire ont été définies par des agronomes, qui ont comptabilisé les précipitations de tout le bassin versant amont.     Que se passe-t-il lorsque les précipitations du territoire ne suffisent plus ?   La gouvernance française prévoit de renforcer les restrictions de prélèvements en amont des territoires (fin mai – début juin en 2023 pour l’Aveyron) dit à fortes productions, à prélever de plus grands volumes dans les réserves et les cours d’eau affluents du fleuve du bassin versant (en l’occurence pour cet exemple la Garonne). Les objectifs de ces décisions sont multiples :   Assurer l’adduction des populations des mégalopoles (qui ont de plus en plus chaud et donc de plus en plus soif) Assurer le refroidissement des centrales électriques Assurer les besoins d’irrigation des cultures et de l’abreuvement animal.     Les résultats sont inéquitables, car même si les têtes de bassin versant ont la réputation de bénéficier de plus de précipitations, les sols n’ont pas les capacités de les stocker ni en eau verte (faible profondeur, faible quantité d’argile) ni en eau bleue en profondeur car les roches sont souvent friables et fracturées (ne permettant pas de grand volume d’eau souterraine). Les territoires à sol “plus fertile” ont donc acquis certains droits (pour assurer un rendement agricole élevé, à filière longue) qui deviennent des privilèges en plein évolution climatique. En Aveyron, sur certaines communes, les quotas du nombre de cheptel sont revus à la baisse d’année en année. Les paysans du Nord sont-ils voués à rester plus pauvres que ceux des plaines ? Lac de Naussac – 11/2023 – Crédit photo Marlene Vissac COEFFICIENTS CULTURAUX (Kc) & CHOIX CULTURAL   Comment assurer l’accès à la ressource en eau pour toutes les vies et les usages humains sans creuser de fossés économiques, sociaux et écologiques ?   Cet article n’a pas la prétention d’apporter la

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Augmenter la résilience hydrique par l’ACCOMPAGNEMENT HYDRONOMIE® pour l’INRAE 12

Plusieurs années que les rendements chutes, que les sols récupèrent pas ou peu après les fortes chaleurs ou les hivers venteux. Perché sur le causse Larzac, le site vit dans un contexte atypique : 800 m d’altitude exposé à tous les temps rendus extrêmes, sol limono-argileux, sous sol Karstique (fort pouvoir drainant), avec un pH élevé (jusqu’à 7.2). Ces paramètres combinés aux itinéraires techniques, ont entraîné un lessivage des oligo & macro éléments important, et des CEC très basses. Une recette parfaite pour diminuer les capacités de réserve utile des sols.     Les arbres se retrouvent rangés sur les côtés, le long des accès principaux. La résultante : baisse de la matière organique. Et toutes ces parcelles bien exposées souffrent d’un assèchement fort causé par les vents et d’une ETR élevée. Combinaison parfaite pour augmenter le stress hydrique de l’outil de production : élevage Lacaune lait (600 EMP), Romane viande (400 EMP) et tout le fourrage produit sur place (Raygrass, légumineuses & céréales) étalé sur 380 ha.     L’accompagnement Hydronomie® débute par une audit technique, puis la rédaction d’un rapport technique. Le rapport technique avec les interprétations de résultats, les études & recommandations ainsi que les stratégies Hydronomie® sont consignés dans un rapport technique. Un avenant pour la gestion des trognes du système agroforestier vient compléter les premiers éléments de base.   Enfin, un second avenant concerne la gestion des troupeaux pour stopper le désastre du surpâturage sur les zones de Causse et intégrer de la fumure à uréase sur les zones cultivables.     Une formation sur mesure de 5 jours en présentiel est conçue pour l’équipe du centre, en vue d’aborder techniquement l’ensemble du site avec les approches Hydronomie®, sensibiliser les acteurs aux enjeux hydriques, aux impacts de l’arbre. Nous finirons ce temps de formation par un temps dédié aux suivis que l’on peut conjointement mettre en place pour faire évoluer les ressources techniques de chacune de nos structures et, puisqu’il le faut, prouver par une énième preuve que la transition agricole est possible et qu’avec l’ingénierie Hydronomie® une résilience hydrique est atteignable, durablement.     Les publications à suivre seront disponibles ici et nous ne manquerons pas de vous en informer par l’info lettre, abonnez vous !

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Ferme de soins Phacelia & cie : la ferme accompagnée par le programme Hydronomie®

Basée dans le Ségala, la Ferme Phacelia & Cie est responsable de la gestion de 9ha avec pour objectifs de conserver la race ovine Raïole et de valoriser les PPAM lors d’ateliers en non mixité femme.   Cette ferme s’inscrit dans une pluri-dimension de Soins, à travers ses ateliers de production :   L’élevage de brebis Raïole est en 100% herbe, puisque cette race rustique valorise son milieu parfaitement, sans en épuiser les ressources naturelles Le troupeau est conduit selon la technique du pâturage tournant dynamique, ce qui permet aux 9h de se régénérer, sans exporter de matière puisque tout retourne au sol Le cycle de croissance des communautés végétales est respecté, les plantes ne sont pas épuisées et offrent le meilleur d’elles au troupeau qui pâture dans différentes parcelles en fonction de leur nutritivité et des besoins physiologiques des brebis Un motif agroforestier vient s’implanter pour apporter ombre, biomasse, fourrage ligneux, pollen & nectar, abri, trames d’hyperfluidité à l’agrosystème.   Et de transmission, car la ferme accueille une école paysanne, dont les propositions innovantes permettent d’accompagner le renouveau agricole : formations certifiantes en immersion dans une ferme en activité.     C’est aussi le siège social d’Hydronomie®, qui se déploie depuis mai 2023 en ces lieux.     ÉLEVAGE – PRODUCTION VIANDE   Conservation de race ovine Raïole Viande agneau élevé sous la mère 100% herbe Conservation en AB en cours (2023 à 2025)   Label « Herbager pâturant »     Démarrage à 23 EMP issus de la Ferme la Talvera (11 mères + 12 agneaux)   Constitution du troupeau par naissance à la ferme jusqu’à 60 EMP   VALORISATION   Vente sur pieds des reproducteurices pour éleveurs syndicat 3 races, nouveaux installants, agriculteurs & particuliers Viande en colis pour particuliers & restaurateurs Viande à la pièce en magasins de producteurs Laine en plaques de feutre & peaux lainées pour artisans et particuliers     VÉGÉTAL – PPAM & MINI PÉPINIÈRE   PÉPINIÈRE   Tous les plants sont issus de conduite à faible irrigation, l’usage du plastique est restreint au godet forestier anti-chignon de 450 cm3 pour les arbres champêtres issus de semis et au pot de vente des plants de PPAM. La pépinière propose des végétaux pour la zone de Hautes Terres, Occitanie & Aquitaine.   LABEL   Agriculture biologique (2023 à 2024)   Végétal local en candidature   SAU   Pépinière en plein champ 0,25 ha   Serre pour reproduction & multiplication 50 m2   VALORISATION   •Les hydrolats sont destinés aux restaurateurs & lors des ateliers de distillation Les huiles essentielles vendus lors des ateliers de distillation Les plants de PPAM sont destinés aux herboristes & aux particuliers. Les arbres champêtres & fruitiers sont destinés aux plantations agricoles (haies, agroforesterie).   Catalogue en ligne sur le site internet de la ferme : www.phacelia-cie.com     SAU   9 ha   Répartition   – 7 ha terres labourables   >>> Dont 2 ha de prairie naturelle à fort dénivelé   >>> 6 ha en reprise prairiale   >>> 1,20 ha de prairie naturelle de fond   Assolement   Prairie permanente ancienne   Prairie en régénération sur 6 ha anciennement conduit en conventionnel pour céréales & oléagineuses   Besoins MS :   22 T MS pour 60 EMP en 100% fourrage >>> 11 T MS pour 60 EMP pour couvrir 50% des besoins   + 5 T MS / ha restant en parcelles pour la vie du sol   Projet   Régénération des prairies épuisées par l’export et les foins tardifs Régénération des sols anciennement labourés par prairie naturelle spontanée Développement des haies et implantation agroforestière pour effet parasol & fourrage estival   Réflexion sur auto-production protéagineuses fourragères.     L’année 2024 commence les premières analyses de sol pour avoir une base de comparaison entre le début des activités et leur impact au fil des campagnes agricoles.   Vous trouverez ici la synthèse des analyses biologiques, les bilans humiques de chaque parcelle. Bientôt complétés par les caractéristiques physico-chimiques. Avenant- Bilan humique PhaceliaCie ACCOMPAGNEMENT HYDRONOMIE   L’étude & le programme Hydronomie® sont engagés grâce à la fondatrice & directrice Marlène Vissac. Ce rapport est établi suivant le contexte du projet et des caractéristiques topo-pédo-climatiques du site, il ne serait être adaptable à un autre site et projet.     Ce document synthétise les aménagements et étapes à réaliser : aménagement pour soutenir les espaces de production, présentation de stratégies d’hydratation, emplacement des plantations & trames écologiques ainsi que quelques itinéraires techniques, répondant aux besoins des activités du projet et du site.     Les objectifs de l’accompagnement 2024 concernent l’ilot de 6 ha, en fermage, en régénération prairiale. La préservation et le développement de la biodiversité sont parties prenantes du projet de transition du site de production. Le programme d’Hydronomie® se concentre sur l’amélioration de la circulation de l’eau bleue & verte, sur l’ensemble des parcelles et ce en profondeur, afin d’augmenter la résilience hydrique et la fertilité tout en limitant l’érosion et l’évaporation. Ces enjeux sont abordés par une approche holistique et globale. Les aménagements détaillés dans le présent dossier comprennent l’implantation d’un système agroforestier sur motif infiltrant, orientant également les itinéraires techniques, dans le but de favoriser l’infiltration de l’eau et la décomposition des matières organiques. Il s’agit de cultiver l’eau verte pour restaurer l’eau   bleue.     Les intentions ainsi que les objectifs généraux & opérationnels développés par la présente étude sont de :   Développer des trames d’hyperfluidité par la mise en place de système agroforestier, de bosquets, connectés les uns aux autres ; Implanter des arbres auxilliaires afin d’augmenter la résilience de l’outil de production et assurer les continuités du paysage ; Régénérer les zones humides, afin qu’elles soient connectées au système de production et environnemental ; Créer des ouvrages de rétention d’eau de ruissellement pour favoriser le développement d’un écosystème naturel, dont les trop-pleins permettront de faire circuler l’eau de façon à hydrater homogénéiquement l’ensemble du système ; Implanter des trames vertes, bleues et brunes favorisant l’installation et le développement d’une biodiversité riche ; Intégrer au système de

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RAPPORTS GIEC & COUR DES COMPTES, JOURNÉE MONDIALE DE L’EAU ET SOLUTIONS CONCRÈTES, DU POSITIF !

Quelle journée ce 22 mars ! Journée mondiale de l’eau. Journée d’ouverture de la conférence des nations unies pour l’eau et ses enjeux. Publication de cet article que je travaille depuis des semaines.     La gestion de l’eau en France est inadaptée à la raréfaction de la ressource. C’est en tout cas l’avis que nous partageons à Hydronomie et avis partagé par la Cour des comptes comme l’indique son rapport publié le 10 mars 2023. Lac Grant – Crédit photo Ross Stone @Unsplash RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES   Pour la Cour des comptes le sujet est grave et critique. Elle précise que « la protection, la mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d’intérêt général ». En effet, il semblerait que la France ne respecte pas ses propres principes et n’atteint pas non plus le « bon état » qu’impose une directive-cadre européenne, à savoir :   56 % de ses masses d’eau de surface et 33 % des souterraines   Selon la Cour des Compte, la politique de la gestion de l’eau en France se révèle illisible et peu efficace. En cause : la multiplicité des acteurs qui engendre complexité et beaucoup de changements en raison d’une « instabilité législative ». Elle manque de cohérence et peut même s’avérer « contradictoire », jusqu’au gouvernement où s’opposent les attentes des ministres de l’environnement, de l’agriculture, de la santé, de l’industrie et de l’énergie.   D’ores et déjà, sur une partie croissante du territoire, la consommation liée aux différents usages excède, sur des périodes de l’année de plus en plus longues, la capacité des milieux à fournir de l’eau, soulignent les magistrats   Actuellement, la politique nationale de l’eau repose sur une approche par bassins hydrographiques (7 en métropole + la Corse + départements / territoires d’outre-mer). De tailles, de contextes géologiques, climatiques et économiques très différents, une grande partie de ces bassins hydrographiques concernent différentes régions. Cette organisation, établit dans les années 1960, paraît « cohérente avec la réalité physique et géographique », mais elle ne correspond « à aucun découpage administratif du pays ». Une invitation à repenser les territoires selon le concept de bio-régionalisme apparaît comme une évidence indispensable. Sans compter que tout se complexifie à mesure que la ressource devient plus rare, pour des raisons bien connues :   changement climatique, déséquilibres entre les prélèvements et les recharges des réserves, pollutions qui affectent 43,3 % des masses d’eau de surface.   Pour la Cour des comptes, il est évident que l’eau est un patrimoine commun de la nation. J’aimerai qu’elle devienne le bien commun de toutes les vies, ne serait-ce pas temps de la considérer enfin comme vitale à toutes les vies ?     Il y a aussi l’échéance du transfert de l’eau prévu pour 2026, où les maires sont contraints, après deux siècles de gestion communale, de céder cette compétences aux communautés de communes. Cet acte est le résultat de plusieurs lois, établies entre 2015 et 2019, qui ont défini les conditions imposées par l’État pour “rationaliser l’éparpillement des bourgs“. Crédit photo Austin Kehmeier @Unsplash Le ton est donc donné ! 2022 aura mis tout le monde en émoi, il n’a pas fallu attendre la journée mondiale de l’eau de ce jour pour sonner l’alarme. Mais qui écoute encore ? Qui lit encore les tribunes d’alerte ? Qui se déplace encore en conférence ou en formation pour s’empuissancer d’outils et de solutions ?     CONSTATS GIEC   Le 6ème rapport du GIEC est formel la catastrophe est là. Il est temps d’agir maintenant, pour engager une transition qui ne peut plus attendre. Nous vous proposons le lien d’une synthèse de 4 pages disponible ici   Bon, en gros, rien de nouveau sur Terre :   LA HAUSSE DE LA TEMPÉRATURE GLOBALE S’EST ENCORE ACCENTUÉE. Il semblerait même que les températures évoquées dans les rapports du GIEC soient en dessous de la réalité. La décennie 2011-2020 est belle et bien la plus chaude depuis environ 125 000 ans. En 2019, la concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint 410 ppm en moyenne, un taux qui n’avait pas été atteint depuis 2 millions d’années. Les scénarios socio-économiques montrent que le niveau de réchauffement global de 1.5°C par rapport à l’ère pré-industrielle sera atteint dès le début des années 2030 (DONC DEMAIN), et ce quels que soient les efforts de réduction immédiate des émissions mondiales de CO2. En effet, il semble que le réchauffement climatique ne soit pas équipé de freinage assisté. Aujourd’hui l’excès de température est d’environ +1,13°C.     LES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE CONTINUENT D’AUGMENTER : au cours de la dernière décennie avec en moyenne 56 GtCO2eq par an, mais deux fois moins vite que lors de la décennie précédente. La poursuite des émissions est principalement due au fait que l’amélioration de l’efficacité énergétique n’a pas compensé l’augmentation globale de l’activité dans de nombreux secteurs économiques, les énergies fossiles et l’industrie restant les principales sources d’émissions. 35 à 45% des émissions sont liées à la consommation des 10% de foyers aux plus hauts revenus. LES PLUS RICHES POLLUENT DONC ALLÈGREMENT. La part des émissions attribuées aux zones urbaines augmente, avec 70% en 2020. Le respect de l’objectif de limiter le réchauffement global à 1.5°C nécessite un pic des émissions de CO2 en 2025 au plus tard puis une décroissance jusqu’à atteindre la neutralité carbone en 2050. Ca semble bien compliqué si l’on écoute Aurore Stéphant, Ingénieure géologue minier, spécialisée dans les risques environnementaux et sanitaires des filières minérales.     LA VULNÉRABILITÉ DES ÉCOSYSTÈMES ET DES POPULATIONS S’ACCROÎT… Et oui ! Le changement climatique a déjà impacté l’accès à l’eau et à l’alimentation (réduction de la croissance de la productivité agricole sur les 50 dernières années), la santé (augmentation des maladies vectorielles transmises par les moustiques, hausse de la mortalité liée aux vagues de chaleur) et l’activité économique. ET CE MÊME EN FRANCE ! Les effets du changement climatique sont amplifiés dans

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EAU VERTE : Prélever & inoculer les champignons mycorhiziens

Pour cultiver vos propres inoculants de champignons mycorhiziens, vous pouvez commencer par des spores, des fragments d’hyphes ou des fragments de racines colonisées.   Les grandes spores de champignons mycorhiziens arbusculaires, d’une taille de 30 à 500 micromètres, sont visibles au microscope ou à l’aide d’une loupe et sont par ailleurs faciles à collecter.   Ces champignons peuvent se reproduire à partir de spores ou de vésicules nées à l’intérieur d’une racine de plante colonisée. Lorsque la racine meurt, les vésicules germent et développent des hyphes, exactement comme des spores. Les 3 grandes classifications d’association mycorhizienne @Sylvie Dessert DES FEMMES, PIONNIÈRES DES MYCORHIZES EN LABORATOIRE   En tant que symbiotes obligatoires, les champignons mycorhiziens ne peuvent pas être cultivés sans une racine hôte ou ses exsudats. Ce qui rend la tâche en laboratoire non aisée.   En 1953, Barbara Mosse, de la station expérimentale Rothamsted à Harpenden UK, réussit la première culture de mycorhizes en laboratoire. Elle isola et inocula des plants de fraisiers avec un champignon désormais connu sous le nom de Funneliformis mosseae (en son honneur). Ce champignon fut également utilisé pour coloniser des pommiers, du blé, des graminées, des tomates, et de la laitue, faisant preuve qu’un seul champignon mycorhizien pouvait avoir une vaste gamme de plante hôte.   À cette époque, ils ne savaient pas s’il existait plus d’une sorte de champignon mycorhizien arbusculaire, jusqu’en 1955 où B. Mosse et ses collègues arrivent à en identifier d’autres.   En 1961, Victoria Barrett, de l’université Auburn d’Alabama, annonce qu’elle avait réussi à isoler et cultiver des champignons mycorhiziens arbusculaires sur support de graines de chanvre. Elle l’a baptisé Rhizophagus.   Plusieurs champignons mycorhiziens portent le nom de chercheurs à qui nous devons ces découvertes et connaissances comme par exemple Trappe, Berch, Allen, Harley, Rayner, Schenck, Mosse, etc… Ces scientifiques ont fait des découvertes d’une portée immense et ils mériteraient   davantage de reconnaissance pour les efforts qu’ils ont accomplis et les savoirs dont nous disposons maintenant pour penser et construire une agriculture plus juste et diversifiée, saine et résiliente.     RÉCOLTE DE PROGAGULES SUR LE TERRAIN   Il s’agit de glaner les propagules dans le sol en les récoltant en bordure de champ ou en lisière de bois. Il est essentiel de collecter le plus diversifié possible, aussi veillez à récolter plusieurs échantillons de sol en plusieurs zones. Une fois votre trésor en main, mélanger les échantillons de collecte ensemble.   Il s’agit ensuite d’extraire les particules grossières comme les brindilles, les cailloux, et autres. Ce prélèvement doit contenir une population assez large et diverse de champignons mycorhiziens indigènes qui deviendront les inoculants. Pour déterminer les champignons mycorhiziens que vous venez de prélever, vous pouvez envoyer des échantillons en laboratoire.   TAMISAGE HUMIDE DES SPORES   Utiliser une série de tamis de plus en plus fins pour isoler les spores du sol dans une solution. Il est possible de se procurer des tamis pour étude de sol auprès de fournisseur de laboratoire. Pour effectuer le tamisage des spores, il vous faudra un tamis de plusieurs ouvertures de mailles :   – 750 micromètres ;   – 250 micromètres ;   – 100 micromètres ;   – 50 micromètres.     La séparation par flottation est la dernière étape de ce procédé :   Dans un solvant liquide comme de l’eau ou du glycérol ou encore du sucrose, les particules de sol dans le solvant sont suspendues à différents niveaux. Utiliser un gradient de densité pour mesurer les différentes densités des matériaux. Les spores fongiques sont plus lourdes que la plupart des autres matières organiques qui se trouvent dans le sol, mais tout de même moins lourdes que les minéraux. Spores de diversispora sp ©M. Ducousso COLORATION DES MYCORHIZES ARBUSCULAIRES POUR ÉTUDES AU MICROSCOPE   Même si le mycelium, les manchons racinaires et les fructifications de certaines ectomycorhizes sont visibles à l’oeil nu, il faut recourir à un microscope pour distinguer les mycorhizes arbusculaires.   Comme les pigments naturels des racines sont foncés, et empêchent de voir les champignons qui sont pour la plupart transparents, les pigments des racines doivent être éliminés puis appliquer une teinture qui adhère aux champignons, afin de les révéler sous la lentille du microscope.   Traditionnellement, les teintures utilisée en laboratoire sont très alcalines et donc dangereuse à manipuler pour des personnes non expérimentées et peu outillées.   Néanmoins, d’autres méthodes, moins dangereuses, peuvent être utilisées pour colorer et examiner les champignons mycorhiziens arbusculaires :   Ramasser les racines fraîchement coupées et prélevées, les laver à l’eau claire ; Tremper les racines pendant 24h dans de l’eau dans un tube à essai ou autre récipient similaire ; Puis les racines baignent dans une solution, à part égale, d’eau et d’hydroxyde de potassium (KOH) dilué à 2,5% (bien moins agressif mais reste dangereux, à manipuler avec toutes les précautions -> suivre les indications présentes sur l’emballage) avec de l’eau à quantité égale. Préparer une teinture à base d’encre de Chine et de vinaigre, qui servira à colorer les racines dont les pigments auront été éliminés par ces différents bains ; Enfin, laisser 2 à 3 jours les racines dans du glycérol qui va éclaircir les racines et les champignons avant d’appliquer la teinture à l’encre de Chine.   Les procédés actuels sont complexes et représentent des risques, aussi le recours à des laboratoires pour identifier les champignons à partir de leur ARN ou ADN reste une solution sûre. Photographie d’un arbuscule observé en microscopie photonique (d’après Smith et Read 1997) MÉTHODE DE PRODUCTION D’INOCULANTS DE L’INSTITUT RODALE   Son fondateur J.I. Rodale a largement été influencé par les techniques de culture des pionniers du jardinage biologique en Grande Bretagne, Eve Balfour et Albert Howard. Rodale désirait promouvoir un système holistique d’agriculture à la fois bienfaisant pour la santé humaine et respectueux de l’environnement. L’institut s’est engagé dans la recherche agricole, il a noué des partenariats avec des groupes privés et avec le Département de l’Agriculture Américain.   En 2010, les chercheurs de l’institut ont

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EAU & CLIMAT : Les enjeux s’amplifient et la conférence sur l’eau de l’ONU se prépare

Si 2022 est déjà oublié dans les consciences et les quotidiens de la majorité, l’état des nappes souterraines et des cours d’eau ainsi que les volumes de précipitations hivernales sont bien là pour nous rappeler à quel point la situation est bien critique !   Situation hydrogéologique – Décembre 22 & Janvier 23   D’après le suivi des nappes effectué par les équipes du BRGM, plus des trois-quarts des nappes demeurent bien en dessous les normales mensuelles pour les mois de décembre 2022 & janvier 2023. En effet, les pluies infiltrées durant l’automne et ce début d’hiver sont très insuffisantes pour compenser les déficits accumulés durant l’année 2022, particulièrement chaude et sèche. Durant l’hiver, les tendances dépendront essentiellement de la pluviométrie, et nous venons de comptabiliser 27 jours consécutifs sans pluie significative en France métropolitaine ! La recharge de ces prochains mois conditionnera les niveaux de l’été 2023. Ce début de recharge déficitaire risque d’impacter les nappes inertielles du Bassin parisien et plus particulièrement celles du couloir Rhône-Saône, fragilisées par un étiage sévère, pour l’année 2023. Par le passé, on a connu en 1978 une série de 28 jours mais c’était en octobre et novembre. Et une série de 31 jours entre mars et avril 2020. Par jour sans pluie, Météo-France entend un cumul des précipitations quotidiennes inférieur à 1 mm à l’échelle de la métropole. «Les sols se sont nettement asséchés depuis le milieu du mois de janvier. L’état actuel correspond à ce qu’on observe habituellement autour de la mi-avril. On a donc deux mois d’avance», indique Simon Mittelberger, climatologue à Météo-France. Pour cette période de l’année, les sols sont donc très secs mais ils sont quand même nettement plus humides qu’en été. Et le risque d’inondations par ruissellement reste donc bien plus faible. La situation est tout particulièrement préoccupante dans une partie de la région Occitanie, notamment dans les Pyrénées-Orientales. Ce département et la majorité du Var subissent déjà des restrictions d’usage de l’eau.     Sol & cycle hydrique   Les nappes ne se rechargent plus, certes par manque de pluie, mais aussi parce que les sols sont, soit de plus en plus urbanisés, soit devenu imperméables par certaines pratiques agricoles. La destruction du cycle hydrique est bien multi factoriel. Les échanges entre eau souterraine, telles que les nappes ou encore aquifères, et les cours d’eau permettent le maintien des 2 mondes : le monde souterrain et le monde de surface. Ces deux univers sont indissociables. Si les nappes se vident, alors les cours d’eau ne peuvent pas maintenir leur cours lors des épisodes de sécheresses estivaux voir hivernaux. Chaque geste réalisé en amont et aux abords des cours d’eau ont un impact sur l’ensemble du cycle hydrique. Chaque geste effectué sur le sol a un impact sur le maintien et la restauration du cycle hydrique.     Comment réconcilier agriculture et résilience hydrique ?   Peut être en commençant par valoriser chaque goutte d’eau au sein de l’agrosystème.   Peut être en concevant des agroécosystèmes capables de ralentir la circulation l’eau pluviale, limiter l’érosion et la perte de fertilité.     Il est vrai que nous nous sommes un peu éloignés des fondamentaux. En 50 ans nous n’avons pas ou peu eu une gestion vraiment éveillée de l’eau au sein de nos territoires. Le remembrement a entrainé la destruction massive de haies et de bocages, ainsi que bon nombre de zones humides, sans oublier la rectification des fossés et des cours d’eau voir leur plein artificialisation. On rajoute bien sûr l’urbanisation et l’imperméabilisation des sols (nous perdons l’équivalent de la surface d’un département tous les 10 ans en France métropolitaine), la mécanisation toujours plus agressive pour les sols agricoles et l’agrandissement démesuré du parcellaire. Sans oublier la stratégie agricole qui a été d’accélérer la circulation de l’eau, et ce jusqu’à aujourd’hui,     Il nous faut dès maintenant promouvoir un nécessaire réaménagement des territoires agricoles :   Restaurer, créer et développer des zones tampons telles que les zones humides, les haies, les maillages bocagers ; Revisiter les itinéraires techniques en intégrant l’arbre dans les outils de production, en innovant sur les implantations agroforestières, par le motif Keyline© qui a largement fait ses preuves dans les conditions topo-pédo-climatiques adaptées ; Développer les pratiques culturales qui permettent d’augmenter la porosité des sols, rendu possible notamment par les rotations de culture, les cycles long, des racines vivantes présentes à l’année dans les sols, la gestion holistique du pâturage, l’intégration de l’animal dans les espaces de production végétale Augmenter le taux de matière organique et l’activité biologique pour pouvoir stocker l’eau dans les sols jusqu’à la recharge des nappes, car pas de vie sans eau et pas d’eau sans vie ;   Le renouveau agricole impose une transition agroécologique bénéfique aux bassins versants. En comparaison à d’autres pays, nous avons pris, par manque de réalisme et par assistanat, 10 à 30 ans de retard ! Il est pourtant reconnu et nécessaire que l’agriculture valorise sérieusement les services écosystémiques des différents éléments du paysage. La dynamique est claire, le cap est simple:   Créer et développer un petit chevelu hydrographique grâce aux trames vertes, bleues, établies à partir des caractéristiques phytosociologiques des paysages, pour des paysages revisités, régénérés, restaurés et respectés Développer et aménager les paysages par des techniques d’hydraulique douce, apportant une valorisation optimale de l’eau verte par l’intégration de l’arbre au sein de l’outil de production Préserver les forêts sénescentes et les zones sauvages en tête de bassin versant pour des territoires plus à la résilience hydrique augmentée.   La production agricole n’a plus le droit de générer des territoires érosifs, qui face à la multiplication des événements de pluies intenses retiennent très mal les eaux de pluies. Les solutions sont simples et à notre portée; Il est encore temps !   C’est vraiment dommage que la profession agricole, il y a 30 ans et trop timidement depuis, n’ait pas fait le choix d’endosser un rôle citoyen de limitation active des pollutions diffuses et donc de territoires d’excellence « producteurs d’eau potable»

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L’EAU – Guerre ou changement de paradigme ?

l est question de l’état écologique de l’eau de surface et souterraine.   Il est question des usages de l’eau dans l’agriculture, actuelle et une invitation à celle de demain.   Il est question des enjeux qui sont de plus en plus nombreux & complexes, où les acteurices engagé.e.s souhaitent voir évoluer les gouvernances vers plus de transdisciplinarité afin d’éviter l’inévitable guerre de l’eau. Les anomales de décharges des cours d’eau en Europe – Période juin à août 2022 L’eau est un bien commun, une ressource vitale à toutes les vies sur Terre. Pourtant, les démarches de gestion employées depuis les dernières décennies ont été menées par une approche colonialiste, où les situations de crises ne font qu’augmenter jusqu’à une guerre de l’eau dans bon nombres de départements en France. La transdisciplinarité est de mise pour considérer les enjeux dans un ensemble constitué de multiples éléments, d’apporter des solutions concrètes et applicables rapidement, afin de préserver l’eau le bien commun à toutes les vies.     Il s’avère que non seulement les activités humaines, trop consommatrices, arrivent à la limite du supportable par les ressources existantes ; et que les vies non humaines sont trop exclues de l’accès naturel de l’eau, pour s’y reproduire, boire ou manger.     Hydronomie défend et invite à une gestion holistique pour l’installation d’agroécosystèmes et le développement de paysages résilients. Rivières et bassins versant Européens – Grass hopper geography Le climat est un facteur que l’on ne maîtrise pas, il est le maître du jeu. Aussi, les précipitations ne sont pas pilotables. Leur volume et saisonnalité sont imprévisibles, non contrôlables, et les aléas climatiques du XXIème siècle nous amènent vers plus d’inconnues. Nous cherchons l’eau quand elle se fait rare, pour la drainer lorsqu’elle est de trop. Cette gestion n’est plus soutenable, l’a-t-elle déjà été ?     Depuis le néolithique nous nous efforçons, en tant qu’humain, a domestiquer, coloniser, dénaturaliser, bouleverser les paysages et les écosystèmes à nos propres fins. Aujourd’hui plus que jamais, il est l’heure de prendre part aux écosystèmes, dont nous sommes dépendants, de façon à interagir avec eux sans prélever à outrance, sans implanter coûte que coûte ce dont nous croyons avoir besoin.     Continuer, dans les tempêtes climatiques actuelles, de consommer, cultiver et prélever les ressources nous amènent inexorablement dans le mur. Emportant avec nous bons nombres de vies innocentes et témoins de ces abus. Productivité nutritionnelle de l’eau de quelques aliments Ce tableau permet de mettre en évidence les volumes nécessaires pour produire un kg de produit brut. Tous les volumes d’eau ne sont pas issus de l’eau d’irrigation. Il s’agit des volumes moyens nécessaires pour produire le produit brut tel que le marché l’impose dans nos sociétés où nous considérons l’alimentation avec un ration kg / € et non pas par Kcal / € par exemple. À. savoir qu’en occident il est recommandé de consommer 3000 kcal / pers / jour. Et que pour produire 1 kcal il faut en moyenne 1 l d’eau. Ce qui représente 3000 L d’eau / pers. / jour. Sans compter les volumes nécessaires à la transformation, au conditionnement, au transport et à la préparation culinaire.     Il est devenu plus que compliqué pour de nombreux acteurices du secteur agricole et paysan, de subvenir aux besoins en eau pour assurer les productions. Malheureusement l’année 2022 ne sera pas unique en son genre. Février 2023 est le plus sec jamais enregistré… L’état des nappes est aussi bas qu’en fin d’automne tant les pluies ont manqué et les sols non poreux.     Prenons les exemples suivant :   L’élevage de vaches laitières, aux races non adaptées aux conditions topo-pédo-climatiques demande d’important volume d’eau pour l’abreuvement surtout dans des systèmes non adaptés à leur éthologie (sans ombre, sans alimentation fraîche et humide une grande partie de l’année, avec une exigence de production élevée, etc…). Ce système entraîne inévitablement d’énormes prélèvements d’eau que beaucoup de biorégions ne peuvent plus assurer (aléas climatiques, gestion transversale, immobilité politique, géologie, topographie, hydrologie, etc). C’est le cas du Puy de Dôme et du Jura, où les quotas d’eau baisse d’année en année imposant aux éleveuz de réduire les troupeaux. Les espaces nécessaires pour construire des réserves collinaires capables de recueillir l’eau pluviale est impensable tant les paysages sont découpés, les coûts colossaux, les acteurices peu accompagné.e.s pour établir une gestion transdisciplinaire. Alors, pourquoi ne pas faire évoluer les pratiques agricoles, les choix culturaux, les itinéraires techniques, les aménagements des agroécosystèmes en s’adaptant aux ressources présentes, en incluant les volumes à partager ?     Le maraîchage est réputé peu gourmand en eau, et permet à de nombreuz futur.e.s paysan.ne.s de s’installer sur les petites surfaces encore disponibles. Ces petites surfaces entraînent inévitablement le choix cultural de produire des légumes à forte rentabilité : tomates & autres solanacées sous serre, légumes primeurs sous serre. C’est aussi les demandes des client.e.s. Or ces choix culturaux et itinéraires techniques exigent un volume d’eau important. Abîmant de fait les sols, entraînant le développement des parasites et les faiblesses immunitaires, donc l’apparition de maladies. Les petites surfaces ne peuvent pas se permettre, dans ces conditions, de dédier un espace pour accueillir des réserves d’eau pluviale. Les choix se portent sur les forages à plusieurs dizaines de mètres, parfois une centaine, ponctionnant les eaux millénaires potables. Qu’en est-il de favoriser des productions adaptées aux ressources présentes, à partager, des conditions topographiques, climatiques et hydriques ?   Les évolutions culturales ne peuvent se faire sans le soutien des citoyen.ne.s / consommateurices. faire de lance de nos sociétés, bases de tout système. C’est pour cela que j’invite et appelle à un éveil, pour une consommation consciente. L’eau est trop précieuse pour se passer d’agir et de choisir en connaissance de cause. L’ignorance n’est plus une excuse, les données sont là.     La gestion de l’eau en France est très hiérarchisée, où l’on trouve différents étages de gouvernance : nationale, européenne, locale, intercommunale, municipale. Sans associer pour autant les acteurices concerné.e.s : agriculteurices, paysan.ne.s, consommateurices, écologistes, urbanistes, etc… Les directives sont

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L’EAU – Les besoins – Les crises – Les enjeux

Avant de parler eau, par nos besoins et les crises contemporaines, il nous paraît essentiel de replacer cet article dans les enjeux de notre siècle : le changement climatique.   Ce réchauffement nous vient des activités humaines, et lorsqu’on y pense, on lève la tête, on regarde le ciel et ses pollutions atmosphériques, les avions ; puis on pense réchauffement, température. L’eau est bien moins considérée, dans nos pensées et débats, lorsque l’on aborde ce sujet – Emma Haziza   Et pourtant, elle a un rôle majeur dans les enjeux actuels :   Toute vie dépend de l’eau bleue et verte ; L’eau, à l’échelle planétaire, permet la régulation climatique et la circulation des masses d’air ; Elle relargue du CO2 par les activités océaniques ; L’eau (à l’état de vapeur) est un gaz à effet de serre ; L’eau soutient toutes les activités humaines industrielles, agricoles et énergétiques.   Les crises et les enjeux ainsi que les besoins grandissant des pays du Sud, déjà fort sensibilisés à la rareté de l’eau, ont entraîné une adaptation dont il serait sage de s’inspirer. Il s’agit de travailler à sa préservation, à sa réutilisation, à la gestion de son circuit dans les paysages et les stations de production. Il en est bien autrement en France, où l’on construit des méga bassines pour assurer les «besoins» des cultures, plus du tout adaptées aux contextes topo-pédo-climatiques de bon nombre de territoires français, pour assurer la production de viande notamment. Discours largement entendu, mais qu’en est il des chutes de rendement ? De la dépendance à l’importation pour alimenter les centrales d’achat françaises ? Ces méga bassines sont privatisées.et alimentées par les nappes souterraines, largement polluées et en épuisement. 30 cm de sol s’affaissent tous les ans dans le monde. Parce que les nappes ne peuvent plus se recharger (urbanisation, revêtement imperméable, sols agricoles compactés, etc…) Les poches d’eau souterraine vidées s’écroulent et entraînent l’effondrement des sols. 30 cm / an sur l’ensemble de la planète ! L’objectif des méga bassines ou retenues de substitution est de stocker de l’eau prélevée dans les nappes en hiver pour pouvoir irriguer l’été sans puiser dans les rivières. Ce qui entraîne des effets désastreux : évaporation des eaux souterraines qui ne pourront plus soutenir les cours d’eau, traitement des eaux souterraines mises à la surface, déconnexion de la ressource eau des écosystèmes, privatisation des usages, etc…   Il y a moins de 50 ans, nous avions pour habitude et sagesse de nous installer là où l’eau était présente dans le paysage. Aujourd’hui, notre appétence pour les lieux remarquables engendrent des crises énormes pour atteindre les besoins en eau de toustes. Les enjeux sont de tailles pour relever les défis du XXIème siècle, avec un Striatum hyper sollicité !     Aujourd’hui nous colonisons les espaces, nous installons ce qu’il nous plaît de produire et contempler, puis nous recherchons l’eau par tous les moyens pour assurer nos désirs : forage de plusieurs dizaines de mètres, irrigation non maîtrisée sur des sols compacts et étanches. L’heure est plus que venue de repenser notre relation à l’eau, revisiter nos usages et nos besoins afin de pouvoir soutenir notre souveraineté humaine. L’alimentation est un pilier fondamental dans les enjeux sur l’eau. Derrière chaque aliment de nos assiettes il y a un volume d’eau qui a permis la croissance de cette culture (végétale et animale), qui a permis son conditionnement pour être présentable sur les étales. Il faut 1 l pour produire 1 kcal, sachant qu’il est nécessaire de s’approvisionner de 3000 kcal / pers. / jour, en France en moyenne, nous mobilisons 3000 l / pers. / jour.     Nous avons tous des habitudes et préférences alimentaires, qu’il est difficile de relayer, d’abandonner. Pourtant, nous ne pouvons plus continuer ainsi. Les ressources s’amenuisent, se raréfient, se polluent. Les précipitations sont moins fréquentes, moins régulières. Si l’on souhaite conserver quels plaisirs alimentaires dans les décennies à venir, un effort aujourd’hui est de mise pour ralentir notre consommation et notre gourmandise. Il y a des contextes de sols, de climats, de reliefs propices à certaines cultures et d’autres pas du tout. Nous avons pris l’habitude de coloniser les espaces, de faire acheminer ce que nous souhaitons là où nous le souhaitons. Ce qui n’est plus permis aujourd’hui. Connaître son contexte et définir ce qui est soutenable de produire en ce contexte est l’approche exigée par les crises et les enjeux contemporains.     Le recours à l’irrigation systématique n’est plus abordable et envisageable. Les agriculteurs contraints de suivre les règles des marchés mondiaux du commerce, alors qu’ils sont au coeur du terrain, sensibilisés et conscients de la situation. Ils ont besoin de soutien de la part des bouches qu’ils nourrissent pour engager un changement de cultures qui saura trouver papilles et accueils auprès de ces bouches. Et chaque bouche a le pouvoir de le donner à qui elle le souhaite. En choisissant de diminuer la consommation de viande, en choisissant de consommer local et de saison, de participer aux tâches des fermes productrices, en payant le prix juste pour soutenir financièrement les démarches de transition agricole. Car si il est facile de dépenser pour ces congés ou la téléphonie, il est parfois bien délicat de revoir le prix au kilo de certain de nos aliments. Alors que le prix est loin de refléter la réalité économique du monde agricole et paysan.     Le climat change, les précipitations sont bouleversées : épisodes orageux torrentiels tels des moussons, printemps et été chauds et secs… Sans oublier les sols lessivés qui ne sont plus capables d’absorber et d’infiltrer les eaux de ruissellement. Les enjeux ont beau être conséquent, il n’en reste pas moins que les solutions sont simples et à la portée de chacun.   QUE POUVONS NOUS FAIRE POUR NOUS ADAPTER À CES PHÉNOMÈNES ?   Faire évoluer nos cultures, en choisissant celles adaptées aux contextes des territoires : données climat, sol et relief déterminent ce qui peut vivre dans ces conditions. Nos territoires ne peuvent donc

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